On a déjà eu l'occasion de parler de rating de la gouvernance sur ce blog.

Benjamin Jullien consacre deux articles sur ce sujet dans les Echos du 29 février 2008 : « Noter la gouvernance pour mieux prévoir la performance » et « Une démarche balbutiante mais prometteuse » desquels il ressort que, si des progrès restent à faire et si l’efficacité de la démarche doit être encore démontrer, le domaine est très prometteur.

Cette vision me semble un peu optimiste, et d’ailleurs un tableau présentant la France en 34ème position dans un classement de GMI met la puce à l’oreille. Même si l’on est très sceptique sur les progrès de la gouvernance en France (et je suis dans cette situation) il ne faut quand même pas exagérer ! Quand on voit que la Russie est positionnée au 36ème rang, on est saisi par un certain doute quant à la méthodologie de ces organismes.

Dans un post sur mon blog, je présente les conclusions d'une étude très intéressante de Paul Rose intitulée « the corporate governance industry »

S'il est incontestable que les agences de proxy ou de notation ont une grande utilité pour les investisseurs institutionnels et qu'elles ont à présent une influence considérable sur les pratiques des entreprises, ce système présente des dangers importants dont il faut avoir conscience :

  1. les conflits d'intérêt de ces agences font douter de l'objectivité de leur notation
  2. les fondements scientifiques de leur notation sont douteux
  3. l'adoption d'une approche "one size fits all" peut être dévastatrice pour les entreprises comme pour les régulateurs.

Ces critiques sont corroborées par plusieurs études récentes comme celle sur laquelle j'avais déjà écrit "The Promise and Peril of Corporate Governance Indices", où Sanjai Bhagat, Brian Bolton et Roberta Romano soutiennent qu’il n’y a aucune relation entre les indices de gouvernance utilisés dans les etudes académiques et les mesures de performance.