Société Française des Evaluateurs

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dimanche 9 septembre 2007

Comment déterminer la juste valeur des actifs intangibles dans le cadre des IFRS ? Consultation de l'IVSC

L'International Valuation Standards Committee (IVSC) est une organisation créée en 1981 et basée à Londres qui a pour objet (comme son nom l'indique !) de développer des standards internationaux d'évaluation. A l'origine formée d'évaluateurs immobiliers, cette organisation s'est élargie à des évaluateurs financiers.

La révision récente de sa gouvernance qui vise à rendre plus autonome le groupe responsable de la mise au point ces strandards devrait permettre à l'IVSC de renforcer son rôle auprès des autorités réglementaires et professionnelles. La dernière version des standards a été publiée en juillet 2007.

L'IVSC vient de publier un document soumis à la discussion du public sur la détermination de la juste valeur des actifs intangibles dans le cadre des IFRS. Ce document concerne IFRS 3, IAS 36 et 38.

Ce document sera utile au débat car les praticiens continuent de se poser de multiples questions sur la façon d'appliquer concrètement les standards IFRS en matière d'évaluation d'actifs tangibles et intangibles. Il est publié à un moment où le sujet loin d'être stabilisé (la phase II du projet "Business combinaisons" est encore active et l'IASB a lancé une consultation sur un standard IFRS 3 amendé d'une part et sur la mesure de la juste valeur dans la foulée de celle du FASB).

Après un certain nombre de considérations sur l'interprétation de différents concepts (caractéristiques des actifs intangibles, marchés actifs et inactifs, les acteurs du marché-"markets participants", la définition de la juste valeur, la séparabilité des actifs intangibles), le document présente les différentes méthodes d'évaluation possibles.

L'IVSC définit traditionnellement 3 catégories de méthodes : la "Sales comparison" ( terminologie d'évaluateur immobilier qui vise les méthodes fondées sur les transactions), l''income capitalisation approach" et l'approche par les coûts".

Notant que les actifs intangibles sont souvent uniques, l'IVSC considère que la "Sales comparison", et plus particulièrement la méthode des transactions similaires n'est pas très adaptée et, qu'en conséquence, elle ne peut être utilisée que pour corroborer les résultats obtenus par une méthode intrinsèque.

Des développement sont ensuites consacrés aux principales techniques utilisées dans l'approche de l'"income capitalisation" :

  • la méthode des redevances ("relief from royalty method") qui
  • La méthode du surprofit
  • La méthode des cash flows

Enfin, le document présente l'approche par les coûts (essentiellement la méthode de remplacement) qui permet d'établir la valeur maximale de l'actif intangible.

A noter quelques points intéressants :

  • le constat que "under SFAS 157, most valuation assumptions for intangible assets would be Level 3 inputs"
  • la claire préférence pour l'income capitalisation approach
  • la définition du "willing buyer" et du "willing seller" dans IVS 1 reprise dans IAS 40
  • un exemple d'ajustement de la valeur lorsque, dans certains pays, il est possible de réaliser des économies fiscales en amortissant l'actif intangible (TAB : "tax amortisation benefit")
  • un exemple de calcul de la "contributory asset charge" , calcul qui est nécessaire lorsque la méthode des cash flows est utilisée (pour ajuster le résultat afin de ne conserver que la valeur de l'actif intangible). Un exemple de calcul du WARA ("weighted average rate of return on assets") qui doit être rapproché du WACC de l'entité est également donné dans la section 6.
  • la section 6 sur la détermination et le "benchmarking" des données utilisées pour l'évaluation (en particulier les développements sur l'analyse des redevances sur des actifs "similaires")

samedi 1 septembre 2007

Deux nouveaux articles sur le site de la SFEV

Notre ami Edouard Camblain, analyste à la Société Générale, nous a fait parvenir deux articles qui méritent d'être lus.

Le premier traite des méthodes d'évaluation : Dis moi comment tu valorises ta société, je te dirai qui tu es. L'article s'ouvre sur une phrase qui décrit bien le sujet traité : "Charlatan ou professionnel ? La réponse se trouve sans aucun doute dans le degré de précision des méthodes employées pour faire une valorisation de société " et décrit les nombreux biais des méthodes utilisées dans la pratique.

Le second porte sur l'Evaluation de l'intégration fiscale dans le cadre d'un LBO à l'occasion d'un retrait obligatoire. L'analyse de l'équité de la transaction requiert de calculer cet avantage et de comprendre comment sa répartition a été faite entre l'initiateur et les actionnaires de la société cible.

Vous retrouverez ces deux articles ainsi que de nombreux autres publiés par nos adhérents dans la catégorie "publication de nos membres"

mercredi 29 août 2007

Comment évaluer une entreprise dans un pays émergent ?

Monsieur Gavriloski nous pose la première question méthodologique : "Comment adapter les standards internationaux d'évaluation aux pays emergents ? Hyperinflation, manque d'entreprises comparables, actifs réels valant 0€, risque pays ... ... ... Bon sujet de mémoire ?"

Vaste sujet ! Nous n'allons pas pouvoir y répondre dans un simple message, mais croyez bien qu'il s'agit d'un thème suffisamment important pour que ce site dédié à l'évaluation y revienne dans le futur.

Alors, quelques indications d'ordre bibliographique. La littérature sur ce sujet est extrêmement réduite. Vous trouverez une présentation très intéressante et assez complète dans le chapitre 22 du livre publié par McKinsey (Valuation : measuring and managing the value of company). C'est la "bible de l'évaluation", et nous aurons l'occasion plus d'une fois de nous y référer.

Les auteurs notent dès l'ouverture du chapitre qu'il n'existe pas d'accord entre les professionnels sur la façon d'évaluer une entreprise dans un pays émergent. C'est la raison qui les poussent à proposer une "triangulation" qui consiste à approcher la valeur de trois manières conjointe :

  1. une actualisation des cash flows résultant de différents scénarios probabilisés reflétant les risques spécifiques auxquels l'entreprise est confrontée
  2. une approche par les cash flows en actualisant ceux-ci à un coût du capital intégrant le risque pays
  3. une approche fondée sur les comparables boursiers ou les transactions comparables

Naturellement, s'il n'y a pas d'entreprises comparables (et franchement, c'est souvent le cas !), il ne reste plus qu'à mener une analyse par les cash flows ! Mais naturellement, l'environnement rend l'exercice sensiblement différent de celui que l'on peut mener dans le cadre d'une économie développée.

Vous trouverez des éléments de réponse dans le livre de McKinsey sur 5 questions essentielles :

  • le traitement de la variation des taux de change
  • la façon d'intégrer l'inflation dans le plan d'affaires
  • le traitement du risque pays (risque politique)
  • l'estimation du cout du capital (attention de ne pas comptabiliser plusieurs fois le même risque !)
  • l'utilisation conjointe des multiples (de sociétés cotées ou de transaction).

Comme autres sources intéressantes, je vous conseille :